société
20 octobre 2015

Dieu est-il contre l’économie ?

Dès 1989 deux auteurs catholiques, Paternot et Véraldi, dans une lettre au pape Jean Paul II lançaient avec impertinence : « Très Saint Père, l’Eglise aimerait-elle à ce point les pauvres qu’elle cherche à en faire d’avantage, par crainte d’en manquer ? »

 

 

Comme dans le monde politique les institutions chrétiennes restent dans l’ignorance des réalités économiques. Le risque est de favoriser la pauvreté. Alors qu’avec une doctrine économique réaliste et cohérente il est possible de renforcer l’efficacité de sa doctrine sociale.

 

Mes amis du mouvement EDC (Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens) recherchent les moyens d’associer performance économique et respect des hommes. Ces rencontres de dirigeants chrétiens m’ont permis de côtoyer des acteurs économiques confrontés à la dure réalité d’équilibrer leurs comptes et pour les plus chanceux de maximiser les profits. La présence de managers protestants et parfois de pasteurs m’a démontré chez eux une ouverture plus évidente à la performance économique.

 

Le Pape François a placé les pauvres au centre de son action et il apparait comme un pourfendeur du libéralisme. Il s’insurge de voir que l’accroissement des richesses augmente les inégalités. Il affirme : «Nous ne pouvons pas avoir confiance dans les forces aveugles et dans la main invisible des marchés. » Est-il communiste, gauchiste voir marxiste ? Non il se concentre sur la doctrine sociale de l’Eglise mais condamne un certain capitalisme qui a mis au centre une idole qui s’appelle l’argent.

 

Mais est-ce seulement une condamnation de la finance débridée ou une réforme du capitalisme ? L’économie de marché ne semble pas remise en cause mais cette économie est soumise aux principes de respect de la personne humaine.

 

Cependant les entrepreneurs catholiques ont besoin de plus de précisions car pour partager il faut d’abord créer des richesses. Capitalisme et profit ne seront plus des mots diaboliques s’ils restent des instruments et non des idoles.